La chaise longue
Durant ma jeunesse, être riche signifiait avoir une chaise longue. Cela présupposait évidemment de posséder une cour, ultimement un balcon.
Devenue enseignante, dès le début de mes premières journées de vacances d’été, j’achetai une chaise longue. Elle était de celle dans laquelle on se prélasse, équipée d’un confortable coussin jaune résistant aux intempéries, faites d’une solide carcasse métallique peinte en blanc. On pouvait y allonger les jambes, feuilleter des revues (lectures souvent insipides réservées à l’été) et oui, se caler pour un somme.
Je rêvais d’y voir ma mère, Mamy première, s’y prélasser, s’y détendre, elle qui travaillait tant. Mais, ce dont je ne me doutais pas à l’époque, c’était le confort des lectures d’été pour mes enfants que ce lieu représenterait. Je garde en mémoire ma mère avec mon fils adorablement lovés l’un contre l’autre, dans cette chaise longue, alors qu’elle lui faisait la lecture de ses albums préférés (notons particulièrement Pas de bébé pour Babette de Dominique Jolin). Je revois ma fille s’auto-raconter ses premières histoires (notons Le petit ourson livre cartonné). Installée sur le balcon arrière, profitant de la moindre brise, la chaise longue invitait aux lectures d’été.
Devenue mère, mes enfants et moi avions baptisé une immense roche près du chalet, la roche aux lapins. Un de nos rituels d’été consistait à aller se raconter des histoires en fin de journée, assis sur cette roche qui avait accumulé une douce chaleur durant toute la journée.
Devenue Mamy, j’ai instauré une routine, presque un rituel lorsque j’ai la chance que mes petits chéris viennent au chalet: c’est le repos des jambes (et de la bouche pour Agathe) qui se situe après le dîner, dans les heures chaudes de la journée. Il s’agit simplement de se faire une belle pile de livres, de choisir un lieu confortable et de ne plus bouger… de lire, de feuilleter, de se détendre. La minuterie du cellulaire indique la fin de ce moment magique et la descente vers le lac.
Vous, avez-vous en tête ce lieu apaisant, associé à l’été, où il fait bon lire ?

