La plagiocéphalie positionnelle

Comprendre la « tête plate » de ton bébé

La plagiocéphalie positionnelle est une déformation de la tête du nourrisson qui se manifeste par un aplatissement d’un côté de l’arrière du crâne. Elle est souvent appelée « tête plate ». Cette condition est fréquente chez les bébés et elle est considérée comme bénigne. Elle n’est pas douloureuse et n’affecte pas le développement du cerveau.

Pourquoi ça arrive?

À la naissance, le crâne du bébé est naturellement extrêmement souple. On pourrait un peu la comparer à de la pâte à modeler, si on appuie toujours au même endroit, elle s’aplatit doucement. À cette étape, les os ne sont pas encore soudés afin de permettre un élément extrêmement important, la croissance rapide du cerveau durant la première année de vie. Par contre, cette souplesse rend aussi la tête plus sensible aux pressions répétées, et quand bébé passe beaucoup de temps avec la tête appuyée du même côté sur une surface ferme, comme un matelas ou un siège, une zone du crâne peut alors s’aplatir graduellement.


Est-ce que la plagiocéphalie positionnelle est fréquente?

Oui. La plagiocéphalie positionnelle touche un grand nombre de nourrissons. On parle de 16 % à six semaines, de 19,7 % à quatre mois, de 6,8 % à 12 mois et de 3,3 % à 24 mois.1 Elle est plus fréquente aujourd’hui, notamment en raison des recommandations importantes de faire dormir les bébés sur le dos afin de réduire le risque de mort subite du nourrisson. Cette position de sommeil demeure essentielle et sécuritaire.


Quels bébés sont les plus à risque d'avoir la « tête plate »?

Certains bébés présentent une plus grande probabilité de développer une plagiocéphalie, par exemple ceux qui tournent souvent la tête du même côté (communément appelée une préférence de tête), ceux qui passent beaucoup de temps sur le dos lorsqu’ils sont éveillés ou ceux qui tolèrent peu la position sur le ventre. Une préférence posturale du cou ou une raideur cervicale (torticolis) peut aussi contribuer à l’apparition ou au maintien de la déformation.


Est-ce que ça peut nuire à mon enfant?

Je te rassure tout de suite. Dans la grande majorité des cas, la plagiocéphalie positionnelle est surtout esthétique. Elle doit toutefois être adressée et des stratégies de positionnement doivent être mises en place. Dans le cas contraire, elle peut s’accompagner d’une raideur du cou ou d’asymétries dans les mouvements.


Comme parent, qu’est-ce que je peux faire au quotidien?

Les habitudes de positionnement en début de vie jouent un rôle clé. Le jeu en position sur le ventre, lorsque le bébé est éveillé et sous surveillance, aide à diminuer le temps passé avec la tête appuyée. Varier les positions du bébé au cours de la journée, changer l’orientation dans le lit, la table à langer, alterner le côté vers lequel la tête est tournée lors du jeu sont des stratégies simples et efficaces. Il est aussi recommandé de limiter le temps passé dans les équipements où la tête demeure immobile, comme les bancs d’auto, les balançoires et les coquilles lorsque ce n’est pas nécessaire. 

Comme parent, il est aussi important d’être attentif à la façon dont tu portes ton bébé. Est-ce que sa tête est toujours tournée du même côté? On a souvent tendance, sans s’en rendre compte, à adopter toujours la même position.

Ces petits ajustements peuvent faire une réelle différence. Varier les positions aide à prévenir le torticolis congénital, une condition souvent liée à la plagiocéphalie, tout en favorisant un développement plus harmonieux de ton enfant.


Quand consulter?

Il est conseillé de consulter un professionnel de la santé si la forme de la tête ne s’améliore pas, si l’asymétrie semble s’accentuer ou si  bébé tourne presque toujours la tête du même côté. Une évaluation précoce par un physiothérapeute permet généralement une amélioration plus rapide et un épisode de soins plus court. Le physiothérapeute est formé pour intervenir avec ce type de condition et pourra te donner toutes les recommandations à appliquer en plus de réaliser une évaluation détaillée du cou de ton enfant.


Sarah Turgeon Désilets, physiothérapeute