Qu’est-ce que le TDAH et mon enfant pourrait-il en être atteint?

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ou plus communément appelé le TDAH est un terme à la mode ces temps-ci! Peut-être que le professeur de ton enfant t’a parlé de ce trouble, ou peut-être même tu le suspectes toi-même chez ton enfant. 

Voici un article qui te permettra de mieux comprendre ce que sous-tend ce diagnostic et comment jongler avec toute l’information qui circule sur internet et dans la société. 


Premièrement, qu’est-ce que le TDAH ?

Le TDAH est un trouble qui se caractérise par des déficits neurologiques aux niveaux des capacités d’attention et du contrôle de l’impulsivité. Les professionnels qui peuvent émettre ce diagnostic (médecins, psychologues, neuropsychologues, IPS spécialisées en psychiatrie) se basent sur les critères du DSM-V (Manuel diagnostique et statistiques des troubles mentaux 5ème édition). 

Afin d’obtenir un diagnostic, l’enfant ou l’adulte doit présenter au moins 6 symptômes d’inattention (ex : ne parvient pas à prêter attention aux détails ou fait des fautes d’étourderie dans les devoirs, le travail, etc.) et/ou au moins 6 symptômes d’hyperactivité/impulsivité (ex : a souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir). 

Malheureusement, il n’existe pas de tests sanguins ni d’imagerie pour nous permettre de confirmer ou non si un individu est atteint, il faut donc se baser sur les signes et symptômes.

Comme pédiatre, mon rôle est comme celui d’un détective. Je dois m’assurer que rien d’autre ne peut expliquer pourquoi l’enfant présente des difficultés d’inattention et/ou d’impulsivité et hyperactivité. En effet, plusieurs diagnostics peuvent avoir une symptomatologie commune (ex : anxiété, trouble d’apprentissage, TSA, apnée du sommeil, etc.) et il est primordial de ne pas passer à côté. L’un de mes rôles les plus importants, c’est aussi de m’assurer que le fonctionnement de ton petit coco est affecté, car pour parler d’un trouble, il doit nécessairement y avoir des impacts significatifs sur son quotidien, dans au moins 2 sphères de sa vie (à l’école et à la maison par exemple). 


Quels sont les signes à observer?

L’attention et le contrôle de l’impulsivité se développent dans une région du cerveau qui s’appellent les lobes frontaux. Nous pouvons affirmer que chez les enfants avec TDAH, ces régions maturent beaucoup plus tard que la moyenne des gens. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental, c’est-à-dire qu’il se manifeste dès les premières années de vie de l’enfant. Ainsi, les signes doivent avoir été observés chez le jeune enfant. 

Il existe des facteurs de risque, surtout génétique (à 75% quand même), qui rendent à risque certains enfants plus que d’autres. Il n’est pas rare qu’après avoir posé un diagnostic chez un petit patient, un de ses parents  se reconnaisse dans celui-ci et décide également d’entamer une démarche en ce sens. Finalement, certains facteurs environnementaux pourraient également augmenter le risque, tel que la prématurité, l’usage de drogues pendant la grossesse et le manque d’oxygène à la naissance. 

Selon l’INSPQ, la prévalence du TDAH a quadruplé depuis les années 2000! 4 % de la population des 1 à 24 ans a maintenant reçu un diagnostic, versus 1 % avant les années 2000 . 

Ce sont les garçons qui reçoivent deux fois plus fréquemment un diagnostic que les filles. Qu’est-ce qui explique cette hausse? Y-a-t’il vraiment plus de TDAH ou seulement plus de faux diagnostics ? Et pourquoi les garçons en serait-il plus atteint?


Dans un premier temps, il est important de savoir que les professionnels de la santé et de l’éducation sont maintenant plus sensibilisés à ce diagnostic et sont maintenant capables de faire un meilleur dépistage. Avant, il est probable qu’une bonne partie des jeunes avec TDAH passaient sous le radar, notamment en lien avec le manque d’information à ce sujet. Les exigences de la société, qui étaient différentes à une autre époque, sont aussi à prendre en compte.  

Il est aussi possible qu’une petite proportion des diagnostics ne soient pas réels, c’est pourquoi il faut rester vigilants! Plusieurs manifestations du TDAH peuvent être causées par une panoplie d’autres choses. Par exemple, il est fort probable qu’un enfant qui vit la séparation houleuse de ses parents à la maison ne puisse se concentrer à l’école et présente des manifestations de TDAH qui l’empêche d’être attentif en classe. Il est donc important pour les professionnels qui évaluent les enfants, qu’ils puissent faire une évaluation globale de l’enfant, sans négliger aucune partie de sa vie. 


L’une des explications quant au fait que le TDAH est plus diagnostiqué chez les garçons est qu’ils ont généralement plus de manifestations extériorisés (plus d’hyperactivité et d’impulsivité) du TDAH alors que les filles seraient en général plus en mesure  de masquer leurs symptômes. 

Ton enfant a reçu un diagnostic de TDAH et tu te demandes comment tu peux mieux l’accompagner?

Le premier traitement est sans aucun doute les méthodes psychoéducatives. Plusieurs ressources sont disponibles en ligne pour les intervenants.  Je te réfère à la fin de ce texte à diverses références qui peuvent t’aider à mieux comprendre et agir avec ton enfant. 


Lorsque toutes les stratégies possibles non-médicamenteuses ont été mises en place pour ton enfant, il se peut que ton professionnel de la santé te parle de médication. 

Sache que tu n’es jamais dans l’obligation d’accepter, mais il est bien important que tu puisses comprendre les bénéfices, tout comme les désavantages reliés à la médication. Pour ça, je te suggère de poser des questions à ton professionnel de la santé, car chaque molécule est différente, tout comme chaque enfant.


Dre Béatrice, pédiatre et nouvellement maman